Saint-Victor

Église Saint-Victor


Historique de la paroisse Saint-Victor

Un mot d’introduction

Faut-il vraiment le dire ? Il serait illusoire de penser qu’un si court exposé puisse rendre compte de l’histoire complète de cette communauté qui s’est rassemblée à la Saint-Victor depuis sa fondation en 1911. Notre intention est d’abord de susciter chez vous le goût d’aller plus loin dans la connaissance de nos origines. Mais nous voulons aussi profiter de l’occasion pour rendre hommage à nos pionniers, hommes et femmes, qui ont fait l’histoire chez nous.

Nous aimerions aussi indiquer la source principale de ce résumé historique de Saint-Victor : « 75 ans de St-Victor, Heureux qui sait se souvenir », album souvenir, publié en 1986 sous la plume de madame Jeannine Francoeur, responsable du Comité historique. Ce document tient lui-même ses sources de l’album souvenir du 50e anniversaire en 1961 .

La fondation de la paroisse Saint-Victor

À ses débuts, la paroisse Saint-Victor occupait un vaste territoire qui s’étendait, à l’ouest, jusqu’à un ravin appelé « Grande-Coulée », aujourd’hui sur le territoire de ce qu’était la paroisse Saint-Bernard, et qui, à l’est, couvrait beaucoup de terres. En 1910, tous les résidents de ces terres étaient paroissiens de Saint-François-d’Assise de la Longue-Pointe. Ceux qui possédaient une carriole ou une voiture s’y rendaient le dimanche, mais plusieurs autres se rendaient à pied à l’église Sainte-Claire, située alors à l’angle des rues Souligny et Mousseau. La paroisse Sainte-Claire était fondée depuis 1906.

Il y avait bien aussi le « tramway » longeant alors la voie ferrée du Canadien National (le Grand Tronc). La Compagnie « Terminal » desservait alors à toutes les heures, à travers champs et terres, le territoire, depuis la rue de LaSalle jusqu’on qualifiait de « Bout-de-l’Île» . En effet, une passerelle élevée, longtemps en usage sur la rue Hector, entre Dubuisson et Notre-Dame, menait à un abri avec débarcadère pour ce « tramway Terminal ».

Toutefois, les distances considérables amenèrent la population à désirer un endroit de culte plus accessible. Des démarches furent entreprises auprès du curé de Saint-François-d’Assise, monsieur Lecours. L’école Bernard, située au coin des rues Paul-Pau et Notre-Dame  fut désignée pour y installer une chapelle. Mgr Paul Bruchési, l’archevêque de Montréal, autorisa la chapelle qui fut desservie tour à tour par monsieur le curé Lecours et monsieur l’abbé Noël Fauteux (vicaire à Sainte-Claire, puis curé par la suite de 1916 à 1930). La première messe de minuit eut lieu le 25 décembre 1910.

À peine installé, il fallut déménager, la Commission scolaire de la Longue-Pointe ayant besoin de cette salle pour deux classes additionnelles, en septembre 1911. Monsieur le chanoine Martin prêta son concours pour trouver un nouvel emplacement. C’est une grange appartenant à monsieur Hector Vinet qui fit l’affaire. première égliseOn la déplaça et, avec l’aide de tous, on en fit la première chapelle temporaire. Elle fut même surmontée d’un clocher. La chapelle qui portait le nom de « Desserte de la Paroisse Saint-François-d’Assise » fut inaugurée le 8 octobre 1911.

La population en 1911 comprenait 135 familles, réparties comme suit, entre autres : à la Terrasse Bernard 34 familles, à la Place Vichy (rue Meese) 25 familles, sur le boulevard Bilaudeau 6 familles, à la Terrasse Vinet 40 familles, à la Terrasse Roy 4 familles et à la Terrasse David 12 familles. À ce moment-là, il n’y avait pas d’industries pétrolières.

Au mois de septembre suivant, Mgr Paul Bruchési, l’archevêque de Montréal, nommait monsieur l’abbé Samuel Gascon, curé de la paroisse Saint-Victor. C’est monsieur Hector Vinet qui hébergea le premier curé durant un mois. Il construisit plus tard une maison près de la chapelle pour loger le pasteur, puis à proximité une résidence pour les religieuses de Sainte-Anne et la première école.

Le développement de la paroisse Saint-Victor (1911-1961)

En 1914, le Corps de Fabrique regroupa huit syndics élus et on procéda alors à l’achat des premiers lots de cadastre de « King George Park », puis plus tard quatre autres lots. Enfin, neuf lots de terre cédés à la paroisse par monsieur Hector Vinet, par acte de donation, devaient marquer le lieu idéal pour la construction du presbytère et de l’église à venir. Entre temps, la proximité de l’école et l’augmentation de la population devaient amener le choix de la salle de l’école comme lieu de culte. Monsieur le curé Léonidas Giard succéda alors à monsieur Samuel Gascon.

La Fabrique, en 1924, favorable au progrès, cédait gratuitement à la cité de Montréal, une partie des lots pour permettre l’ouverture de la rue Hochelaga. En 1925, le nouveau curé, monsieur M. J. Caumartin, apprit de la commission scolaire que l’usage de la salle d’école ne serait plus possible. église actuelleMgr Georges Gauthier, alors évêque auxiliaire de Montréal, autorisa la construction de l’église, à l’épreuve du feu, après l’approbation des plans. Les paroissiens étrennèrent leur nouvelle église le 21 février 1927 que Mgr Gauthier vint bénir le dimanche 8 mai suivant.

En 1936, monsieur le curé P. E. Coursol succéda à monsieur Caumartin. En plus de ses fonctions de pasteur, il eut à améliorer l’état des constructions et à installer un système de chauffage. Monsieur Loseph Théorêt, qui lui succéda en 1942, eut aussi ces mêmes préoccupations. Devant les nécessités de la guerre, il lui fallut changer l’installation à l’huile pour le charbon. Il augmenta la sécurité des biens de la Fabrique par des assurances et embellit les alentours de l’église par des travaux de terrassement. M. le curé Victor Paquette lui succéda en 1944.

Puis vint monsieur Émile Jarry, en 1950. En 1952, il eut le bonheur de participer aux Fêtes du 25e anniversaire de l’église, au 25e anniversaire de la chorale et à son 30e anniversaire de sacerdoce ! La messe pontificale fut célébrée par l’archevêque de Montréal, Mgr Paul-Émile Léger. Les mouvements de l’Action Catholique prirent leur essor, avec la création du Conseil paroissial.

En 1956, lui succéda monsieur René Pelletier. Avec le développement de la construction, la population de Saint-Victor avait considérablement augmenté. Bientôt, les paroissiens réussirent à éliminer la dette de la Fabrique. En 1961, on fêta le 50e anniversaire de Saint-Victor.

Le développement de la paroisse Saint-Victor (après 1961)

De nombreux mouvements et associations ont jalonné la vie de la communauté chrétienne de Saint-Victor, malgré les changements majeurs qui marquèrent les années 60, tant au niveau de l’Église par le Concile Vatican II (1962-1965) qu’au niveau de la société québécoise par la « Révolution tranquille ». Il est difficile de s’arrêter sur un seul élément de cette vie de la communauté de Saint-Victor durant ces années 60-70-80. Le document du 75e anniversaire de Saint-Victor dresse un grand tableau sur lequel nous allons pourvoir apprécier les différentes teintes.

« Longtemps, les prêtres travaillaient seuls à rassembler leurs ouailles. Un jour, les laïcs ont pris une plus grande place dans l’Église et ici, à Saint-Victor, quelques personnes ont commencé à s’impliquer et à structurer de formes différentes d’apostolat. »

En 1968, un comité de liturgie a été formé. Il a été le point de départ de plusieurs réalisations. Plusieurs s’impliquaient à l’accueil, comme lecteurs, servants, musiciens, chantres, etc. Un peu plus tard s’est ajouté le conseil de pastorale qui était à l’écoute des besoins des gens dans la paroisse et essayait de trouver des moyens pour répondre à ces besoins. Il y a eu aussi l’équipe de la pastorale du baptême et l’équipe du mariage.

En 1969, un nouveau curé a été nommé, monsieur Laurent Dallaire. À l’automne 1969, ce fut au tour du comité des jeunes à faire son apparition. L’idée d’une messe pour enfants a mijoté et encore une fois l’Esprit a fait son œuvre. Peu à peu, madame Yolande Gariépy , une des mamans, s’est engagé tant et si bien qu’elle a pris la relève à la tête de ce groupe, avec l’abbé Lavoie, vicaire de 1971 à 1980. Plus tard d’ailleurs, mandatée par l’archevêque, elle est devenue l’adjointe des prêtres. Elle est d’ailleurs une des premières femmes laïques à recevoir un tel mandat. Elle a fait de l’excellent travail en pastorale scolaire et paroissiale. Elle a quitté son poste en 1985. Madame Madeleine Garon a alors pris la relève, pour l’animation du chant et de la musique.

Quelques mots sur le Conseil de pastorale de la paroisse (CPP) qui a aidé à regrouper toutes les activités de la paroisse. Mis sur pied en 1970, il était composé de dix membres représentant des paroissiens de différentes provenances en même temps que les principales organisations paroissiales comme la liturgie, les loisirs, les marguilliers, les jeunes, les personnes âgées, les gens d’âge moyen. Le CPP avait deux buts : prendre régulièrement le pouls de la paroisse en coordonnant les efforts des différents mouvements pour une meilleure efficacité, une plus grande unité, et aussi stimuler des idées nouvelles en lançant des mots d’ordre. La paroisse était déjà très vivante, mais on la rêvait encore plus dynamique, plus fraternelle, plus chaleureuse. C’est ainsi qu’avec l’apport du CPP plusieurs projets ont été mis sur pied, parmi lesquels : les cours pour analphabètes, le comptoir alimentaire, la corde à linge, la popote roulante, le comité local de l’ADAS (association pour la défense des droits des assistés sociaux) , le journal du secteur, etc.

Plusieurs mouvements de prière et de ressourcement ont animé la vie paroissiale aussi. Nommons le Tiers-Ordre franciscain (devenu depuis l’Ordre Séculier Franciscain), l’Heure mariale, Oasis, la Famille du Sacré-Cœur et le Cursillo.

Plusieurs mouvements de partage ont aussi été présents tout au long de l’histoire de Saint-Victor, comme la Saint-Vincent-de-Paul fondée en 1914. La Popote roulante a été fondée en 1971. Le Comptoir alimentaire (connue sous le nom de Coopérative Mercier) fondée en 1972, a fonctionné jusqu’en mai 1976. La Corde à linge, fondée en 1973, a permis de combler des besoins en revendant des vêtements usagés. En 1975, une autre forme d’aide a vu le jour : l’Atelier Arc-en-ciel : un atelier d’artisanat où les gens confectionnaient toutes sortes de choses à la main pour les vendre et en distribuer les profits aux plus démunis de la paroisse et à une mission quelque part dans le Tiers-Monde. Ce groupe est devenu une grande famille. Il fallait voir l’esprit d’entraide qui y régnait, surtout lors des expositions.

Les mouvements de formation ont permis à bien des adultes d’approfondir leurs connaissances tant au niveau de la Bible qu’en catéchèse, d’autant plus que les jeunes expérimentaient la nouvelle catéchèse scolaire. En 1974, un cours de Bible a permis à plusieurs personnes de cheminer dans leur foi. Les jeunes ont participé au « Concile des Jeunes », dans le sillon du mouvement œcuménique du monastère Taizé en France. Le mouvement scout dans Saint-Victor remonte à 1937, avec la fondation de la 54ème troupe. Dès 1967, un mouvement de spiritualité conjugale voyait le jour à Saint-Victor : le Mouvement « Foyers Notre-Dame ». Les tout-petits n’ont pas été oubliés non plus. Le programme Sensibilisation à la Vie familiale s’adressait aux parents des enfants de 3 et 4 ans. En 1979, le « Service d’Orientation des Foyers » a aussi favorisé les échanges et partages aux couples.

Comme dans beaucoup de milieux, les paroisses s’occupaient des « loisirs culturels et sportifs ». À Saint-Victor, ces organisations ont très bien fonctionné. Plusieurs se souviendront encore du fameux pique-nique paroissial qui avait lieu à chaque été. Le Club de l’Âge d’Or a débuté ici vers les années 1966-1967. Regroupant beaucoup de gens du troisième âge, le Club a fait partie de la FADOC. De 1979 à 1983, un journal, « Le rayon de soleil » était remis mensuellement aux membres qui le recevaient avec joie.

messe 1986En 1985, le nouveau curé, monsieur André Grégoire, arrivait juste à temps pour célébrer les Fêtes du 75e anniversaire de Saint-Victor en 1986. Il participait aussi à la consécration de l’église , le 3 mai 1987, par Mgr Paul Grégoire, l’archevêque de Montréal. En 2001, monsieur André Grégoire prit sa retraite, non sans avoir laissé sa marque d’un homme sensible aux besoins des gens et respecté de tous.

De grands changements depuis le Synode

Depuis quelques années, l’Église, à Montréal, a été appelée à se transformer. Si la participation à la vie paroissiale s’est effritée, les chrétiens et chrétiennes qui se reconnaissent membres de la communauté chrétienne n’en sont que plus proches les uns des autres et plus sensibles aux besoins des plus démunis.

Le Synode diocésain de 1995 à 1998 a donné l’occasion aux gens d’approfondir la mission de l’Église et quatre priorités pastorales en sont découlées :

  1. l’éducation de la foi
  2. l’animation pastorale de nos communauté
  3. la présence et l’engagement de l’Église dans le monde d’aujourd’hui
  4. la promotion des vocations au service de l’Église diocésaine.

Au niveau de l’éducation de la foi, de profonds changements ont transformé l’école. En 1984, la catéchèse (qui est un approfondissement de la foi chrétienne) a laissé place à l’enseignement moral et religieux. L’initiation sacramentelle était maintenant dans les mains des communautés chrétiennes et un service d’animation pastorale s’est intégré dans chacune des écoles. En 1998, le gouvernement du Québec a modifié le paysage des commissions scolaires, celles-ci passant de confessionnelles à linguistiques. Puis en 2001, les écoles devenaient elles aussi non confessionnelles, tout en continuant d’offrir l’enseignement moral et religieux. En juin 2002 l’animation pastorale quittait les écoles et un service d’animation à la vie spirituelle et à l’engagement communautaire, qui ne relève pas de l’Église, était créé. L’Office de l’Éducation de la foi du diocèse de Montréal fut appelé à voir comment l’Église allait s’engager dans sa mission première de l’évangélisation. Chacun des secteurs du diocèse de Montréal engagea un « répondant du service à l’enfance » pour répondre aux besoins des jeunes de 0 à 12 ans et de leurs parents. André Lanteigne, de concert avec l’équipe pastorale, coordonne une équipe de catéchètes et aides-catéchètes engagés dans les différentes communautés chrétiennes de Mercier-Est. Depuis 2008, les écoles offrent un cours d’ « Éthique et Culture religieuse ». Le milieu scolaire ne s’occupe plus d’éveiller les jeunes à la foi en Jésus Christ et de les initier à la vie chrétienne.Il appartient donc aux parents et à toutes les communautés chrétiennes, ensemble, de « proposer aujourd’hui Jésus Christ ».

Au niveau de l’animation pastorale de nos communautés, un travail en profondeur a amené, en 2000-2001, chacune des communautés chrétiennes du diocèse à étudier sa vitalité, sa viabilité et la coresponsabilité entre clercs et laïcs. Un rapport a été remis le 31 mai 2001 au vicaire épiscopal de la région Est, Mgr Jean Fortier. Des représentants de chacune des communautés chrétiennes de Mercier-Est se sont ensuite rencontrés à quelques reprises pour s’entendre sur les réaménagements pastoraux susceptibles de favoriser un meilleur engagement en vue de la mission de l’Église dans le monde de notre temps. Les assemblées des 29 septembre et 5 novembre 2001 ont permis aux gens de mieux se connaître et d’échanger sur des formules à privilégier. L’assemblée du 2 février 2002 qui regroupait plus de 200 participants allait opter pour un réaménagement pastoral majeur. Saint-Victor allait former une « Unité pastorale du Nord de Mercier-Est » avec les communautés chrétiennes de Sainte-Claire et Sainte-Louise-de-Marillac. Ces trois communautés allaient, à partir de septembre 2002, être animées par une même équipe pastorale.

Au niveau de la présence et l’engagement de l’Église dans le monde d’aujourd’hui, un « Comité de pastorale sociale » a été formé regroupant des chrétiens et chrétiennes des  communautés du quartier Mercier-Est. La dimension sociale des gens de notre secteur n’est plus à démontrer. L’attention aux plus faibles, aux personnes de tous les âges, est présent dans différents groupes à l’oeuvre dans nos paroisses.

Quelques moments forts

Un mot pour souligner l’accueil que les gens de notre secteur Mercier-Est ont accordé aux 84 jeunes pèlerins venus de Versailles pour les Journées mondiales de la Jeunesse 2002, qui se sont tenues à Toronto avec le pape Jean-Paul II Environ 250 personnes du secteur ont offert leur support pour organiser les activités du jeudi 18 au lundi 22 juillet 2002.

JMJ 2002 - souvenir

En 2003, la paroisse Saint-Bernard a été annexée à la paroisse Saint-François-d’Assise. Selon son voeu, elle a conservé une église, aménagée en 2004, dans ce qui était le chœur de l’église Saint-Bernard, rue Notre-Dame, à l’angle de la rue Mousseau, après la vente  au Collège Mont-Royal.  Pendant dix, les gens ont approfondi le sens de la communauté en célébrant plus près les uns des autres dans leur plus petite église. Le 29 juin 2014, ils ont quitté définitivement leur église et ont été accueilli à l’église Saint-François-d’Assise.

À l’été 2004, les Pères Salésiens quittaient la paroisse Sainte-Claire pour se regrouper avec leurs confrères à Rivière-des-Prairies. L’archevêque, monsieur le cardinal Jean-Claude Turcotte, nomma alors François Baril, curé à Saint-François-d’Assise et Saint-Bernard, curé des cinq communautés du secteur pastoral Mercier-Est.

En 2006, les gens de Sainte-Claire ont célébré le Centenaire de leur paroisse par des fêtes grandioses.

En 2011, ce fut au tour des gens de Saint-Victor de célébrer magnifiquement le Centenaire de leur paroisse.

Oui, les années passent, mais l’Esprit nous devance toujours. Qui sait ce que seront nos paroisses dans les prochaines années . . . ?


Le saint patron, Saint VictorVictor_I.

Saint Victor est le nom que portent onze saints dans l’Église. Celui qui désigne la paroisse est d’origine africaine et vécut dans l’Antiquité, au 2e siècle de notre ère. À titre de 13e successeur de Saint Pierre, il fut pape de l’an 189 à l’an 199.

C’est à cette époque que le latin supplante le grec dans la liturgie. Saint Jérôme considère le pape Victor Ier, bien que d’origine berbère, comme le premier écrivain latin de l’Église, mais il faudra attendre l’an 230 pour que la messe soit célébrée à Rome en latin et non en grec.

Sa papauté coïncida avec une période tranquille et favorable pour le Christianisme. À Rome, à cette époque, beaucoup de gens se convertirent à la foi chrétienne, particulièrement des familles qui se distinguaient par leur situation sociale aisée. Son action put donc s’orienter vers la solution de certaines formes d’hérésies qui s’affirmaient.

Le pape Victor Ier dut affronter plusieurs dissensions au sein-même de l’Église naissante. Une dispute entre autres devint plus aiguë. Les évêques d’Asie voulaient perpétuer la coutume juive de célébrer Pâques le 14 Nissan, quel que soit le jour de la semaine. Victor convoqua les évêques italiens à Rome pour ce qui fut le premier synode. Il demanda aux évêques des différentes régions du monde de son temps de faire de même pour prendre conseil. De partout, on lui rapporta que Pâques se célébrait toujours un dimanche. Saint Irénée, l’évêque de Lyon, exhorta Victor de ne pas briser les relations amicales que l’Église de Rome entretenait avec les évêques d’Asie et de les laisser fêter Pâques à leur manière. Victor choisit plutôt de demander à tous les évêques de célébrer Pâques le dimanche. Peu à peu, on s’aperçut que la célébration de Pâques un dimanche se répandait partout dans l’Église.

Victor Ier fut confronté à plusieurs questions durant son temps. Il décréta, entre autres, qu’en cas d’urgence, n’importe quelle eau pouvait être utilisée pour baptiser. On pense que c’est peut-être durant son pontificat que le canon des Écritures saintes utilisé à Rome fut adopté. Cependant, seules ses lettres sur la dispute concernant la fête de Pâques furent conservées.

Saint Victor mourût martyr en l’an 199. On célébre son mémorial  le 28 juillet.


Les textes de l’historique de la paroisse Saint-Victor et du saint patron ont été rédigés par André Lanteigne