Saint-François-d’Assise

Église Saint-François-d'Assise

700, rue Georges-Bizet
Montréal, H1L 5S9
514 353-2620
f.baril@qc.aira.com

La paroisse Saint-François-d’Assise fait partie du diocèse de Montréal.
Mgr Christian Lépine est l’archevêque.

Le secrétariat est ouvert du lundi au vendredi de 9h à 12h et de 13hà 17h
Lisette Beaulieu, secrétaire
Claudette Goulet, aide au secrétariat
Nicole Ouellette, aide au secrétariat
François Maçon, concierge

Vous pouvez consulter le Semainier paroissial.


Historique de la paroisse Saint-François-d’Assise

Note : vous trouverez, après l’historique de la paroisse Saint-François-d’Assise et le saint patron, un historique de la paroisse Saint-Bernard et son saint patron.

Un mot d’introduction

Faut-il vraiment le dire ? Il serait illusoire de penser qu’un si court exposé puisse rendre compte de l’histoire complète de cette communauté qui s’est rassemblée à la Longue-Pointe depuis sa fondation en 1724. Notre intention est d’abord de susciter chez vous le goût d’aller plus loin dans la connaissance de nos origines. Mais nous voulons aussi profiter de l’occasion pour rendre hommage à nos pionniers, hommes et femmes, qui ont fait l’histoire chez nous.

Nous aimerions aussi indiquer les sources de ce résumé historique de la Longue-Pointe. D’abord, le livre « Saint-François-d’Assise de la Longue-Pointe 1724-1999, Une mémoire retrouvée », publié à l’occasion du 275e anniversaire de la paroisse Saint-François-d’Assise, sous la plume de madame Claire Le Roux (cf. les textes A). Puis, le fascicule « Histoire des cinq églises de la paroisse Saint-François-d’Assise de la Longue Pointe depuis 1724 », publié à l’occasion du 290e anniversaire de la paroisse, par François Baril, Réjean Charbonneau et Jean-Yves Bronze (cf. les textes B).

Le peuplement

Il faut rappeler qu’avant le peuplement de la Longue-Pointe, des gens habitaient l’île de Montréal. Jacques Cartier fut le premier explorateur à se présenter à Hochelaga. Il y rencontra des peuples autochtones en 1535, mais il ne fit que passer au nom du roi de France, François Ier. C’est plus de cent ans plus tard, en 1642, au nom de la Société de Notre-Dame, que Paul Chomedey, Sieur de Maisonneuve vint, avec quelques pionniers, fonder « Ville-Marie ». Nous sommes alors au début de la Nouvelle-France, sous un régime seigneurial.

« En 1663, la Société de Notre-Dame, propriétaire de l’archipel de Montréal, cède tous ses droits aux Sulpiciens. La population compte alors environ 600 personnes occupant … 30 emplacements … dans la ville et 95 dans la campagne. … [C’est] Pierre Picoté de Belestre qui obtiendra le fief du Bout-de-l’île en 1671, [lui qui] tient le fort depuis 1660 à la demande de Paul Chomedey de Maisonneuve ». (A : page 5)
Il faut comprendre que les nations huronnes et iroquoises se sont combattues, les uns du côté des Français et les autres avec les Anglais et les Hollandais, en raison du commerce des fourrures. En 1659-1660, les Iroquois, ayant éliminé les Hurons, leurs attaques s’intensifient et retardent le peuplement.

« Le premier peuplement de la Longue-Pointe s’est effectué en deux temps : une première vague à partir de 1665… au moment de l’arrivée des troupes du Régiment de Carignan-Sallières… et une suivante en 1683… à l’arrivée des troupes de la Compagnie Franche de la Marine. » (A : page 5)
« Le premier devoir des seigneurs est de voir à l’établissement des colons et ce sous peine de perdre leur seigneurie, mais ils doivent aussi assurer leur sécurité. Pour procéder aux concessions, les Sulpiciens refont le terrier et divisent l’île en une trentaine de côtes. Une côte désigne un nombre variable de terres contenues dans les limites d’un trait physique ou d’un accident géographique. La côte Saint-François rassemble les terres distribuées de part et d’autre de cette longue pointe qui s’avance dans le fleuve en face de la tête des îles de Boucherville. » (A : p. 5)

« Le peuplement commence avec des hommes jeunes, célibataires, qui signent un contrat de trois à cinq ans, au terme duquel ils peuvent retourner au pays avec un petit pécule ou rester sur leur terre et obtenir le droit de faire du commerce. En décembre 1665, les Sulpiciens concèdent, à la Longue-Pointe, 25 emplacements ayant front sur le fleuve et six autres à l’été 1666. Ils portent au terrier les numéros 995 à 1264 inclusivement. » (A : p.5-6)

Les années passent et « pendant ce temps, les alentours se peuplent et se fortifient. » (A : p.6). On pense à Pointe-aux-Trembles, la côte Saint-Léonard, Rivière-des-Prairies, l’île Sainte-Thérèse, etc.
« En 1674, la paroisse de Saint-Enfant-Jésus est érigée à la Pointe-aux-Trembles, premier détachement de la paroisse Notre-Dame fondée en 1648. » (A : p.6)
« Cependant, au fur et à mesure que se multiplient les établissements, les habitants réclament des curés résidant au milieux d’eux. Il en est ainsi dans la seigneurie des Sulpiciens comme dans toutes les seigneuries de la Nouvelle-France. » (A : p.6)

« Dès 1719, avant la création de la paroisse, une petite chapelle est construite face au fleuve St-Laurent. » (B : page 3)
En 1721, la Longue-Pointe « compte 32 chefs de famille dépendant tous du fort de la Longue-Pointe, un nombre suffisant pour subvenir à l’entretien d’un curé. Ils demandent qu’il leur soit permis de construire une église au milieu de cette côte et d’être paroissiens de la paroisse qui y sera établie. Ainsi, venant de quelque extrémité, chacun n’aurait qu’une demi-lieue à franchir pour se rendre à l’église. Le Règlement des districts de paroisses daté du 20 septembre 1721 fut confirmé par un arrêt du Conseil d’État le 3 mars 1722 et enregistré au Conseil supérieur le 5 octobre de la même année. Il créait 82 districts paroissiaux dont il déterminait les limites et l’étendue; parmi eux, la paroisse Saint-François-d’Assise de la Longue-Pointe de Montréal.» A : p.7)

Ouverture des registres 1724

« Bien que le premier le premier acte du registre soit signé de M. Chèze, c’est à Joseph Hourdé que le registre avait été confié et c’est lui qu’on doit considérer comme le premier curé de cette église. » — Olivier Maurault. (A : p. 19)
« Longue-Pointe ne fut pas donnée en fief et son fort n’était pas un fort militaire mais un fort seigneurial. Son rôle demeure tout de même important pour les habitants de la Longue-Pointe d’abord, puis dans l’ensemble du réseau de défense. Le fort seigneurial servait d’abri en cas d’attaque. Chacun y avait son emplacement et son hangar pour y garder ses réserves de vivres et de munitions. Le fort est un lieu de refuge, de défense, d’appartenance aussi. Des actes notariés, datant de 1698 et de 1699, enregistrés chez le notaire Pierre Imbault désignent des habitants de la Côte Saint-François comme demeurant « au fort Saint-François de la Longue-Pointe ». (A : p.7)

L’enracinement

« La fortification des murs de Montréal et la consolidation du réseau de forts furent commandés par Chaussegros de Léry à la suite du Traité d’Utrech en 1713. La France cédait alors l’Acadie à l’Angleterre et la Nouvelle-France devait consolider son réseau de défense contre la menace d’invasion anglaise… En 1750, la paroisse de la Longue-Pointe formait deux compagnies de milice. Les paroissiens, sous la direction de leur capitaine Joseph Aubuchon construisent donc en 1724 le presbytère, l’église puis le fort. » (A : p.5)

La première église, face au fleuve, 1724-1893 (Toile de William Bartlett, 1837)

La première église, face au fleuve, 1724-1893   (Toile de William Bartlett, 1837)

« Plusieurs habitants de la Côte Saint-François ont agrandi leur propriété en acquérant des terres à la suite de celles donnant front sur le fleuve. … De plus, plusieurs propriétaires possèdent également un emplacement dans l’enceinte de la ville. … Les fermes de la Longue-Pointe se sont agrandies et consolidées. … En 1731, 33 emplacements se partagent plus de 102 arpents de front de terre. … Pour ces 33 emplacements, on compte 17 maisons de pierre soit plus de la moitié des maisons, signe évident de prospérité. Partout, outre les maisons, sont bâties granges et étables, parfois écuries… On trouve aussi à la Longue-Pointe trois moulins à scie. … » La richesse des habitants vient de leur travail et de leur investissement dans l’achat de nouvelles terres. Certains profitent aussi de la traite des fourrures pour organiser des expéditions. … Les mariages sont une autre voie d’enracinement et d’enrichissement… » (A : p.15-16)
Les habitants étaient aussi tenus, moyennant rétribution, de loger les membres des régiments stationnés sur leur territoire. Entre 1755 et 1760, pendant la guerre de Sept Ans, la Longue-Pointe reçoit trois régiments : ceux de Guyenne, de LaSarre et de Béarn. » p.16

« Après la défaite de 1760, les Canadiens gardent leur langue et leur religion mais perdent, en grande partie, les moyens de les entretenir. Les Jésuites sont expulsés et si les Sulpiciens restent, il leur est interdit de faire venir quelque recrue. La classe de latin, fondée à Montréal en 1733 ne peut suffire à créer la relève de prêtres et d’enseignants nécessaire.

Le premier collège de Montréal, en 1767

Le premier collège de Montréal, en 1767

Jean-Baptiste Curatteau, curé de la Longue-Pointe en 1765, construit au presbytère une rallonge de deux étages qui lui permet, dès 1767, d’ouvrir une classe de latin. Ce collège devient le berceau du Petit Séminaire de Montréal. Quand monsieur Curatteau quitte la Longue-Pointe en 1773, le collège s’installe rue Saint-Paul et la rallonge du presbytère sert d’école aux garçons de la paroisse. La création de ce collège marque la première étape de la grande vocation institutionnelle qui se développe à la Longue-Pointe aux XIXe et XXe siècles. » (A : p.17)
« Alors qu’aux XIXe et XXe siècles, Hochelaga et Maisonneuve développent de grandes vocations industrielles, la Longue-Pointe développe une vocation institutionnelle de première importance. » (A : p.18)

« En 1845, la Fabrique de la Longue-Pointe cède aux Sœurs de la Providence une ferme léguée en 1841 par Nicolas Desautels. Les Sœurs s’engagent à y tenir une école, à soigner et visiter les malades. Monseigneur Bourget (l’évêque de Montréal) donne à cette propriété le nom de Saint-Isidore.

La résidence Saint-Isidore, 1859-1996

La résidence Saint-Isidore, 1859-1996

Les religieuses l’habitent et y enseignent dès 1846 et y accueillent des sourdes, muettes et malentendantes en 1850. Ce n’est qu’en 1852 qu’elles y transportent les 17 aliénées dont elles s’occupent au Jardin de l’Asile Providence, rue Sainte-Catherine. Dès 1857, l’hospice ne suffit plus aux besoins et les Sœurs le transportent au nord de la rue Notre-Dame sur une partie de la ferme des Vinet que le curé Drapeau acquiert et lègue en 1868. Les religieuses inaugurent l’Asile de Saint-Jean-de-Dieu en 1875. … Saint-Jean-de-Dieu est érigé en paroisse puis en municipalité en 1898. » (A : p.18)  « Saint-Isidore fut construit en 1859 et cité « monument historique » par la ville de Montréal en 1990.

« Les Frères de la Charité sont aussi à l’origine de grandes institutions de la Longue-Pointe. En 1870, Olivier Berthelet fait don aux Frères de la Charité d’une terre de 70 arpents située à la Longue-Pointe. Les Frères … construisent en 1884, au sud de la rue Notre-Dame, l’Asile Saint-Benoît. Ils y accueillent des aliénés, des épileptiques et des alcooliques de familles aisées.

L'asile Saint-Benoît, rue Notre-Dame, 1884-1990

L’asile Saint-Benoît, rue Notre-Dame, 1884-1990

Chaque malade occupe une chambre et possède toute la latitude compatible avec son état. Plusieurs patients y recouvrent la santé. C’est dans cette institution que fut placé le poète Émile Nelligan, le 9 août 1899. Il y restera jusqu’en 1925, pour ensuite être transféré à St-Jean-de-Dieu, où il y meurt le 18 novembre 1941.
« Laissé à l’abandon, Saint-Benoît fut emporté par un incendie le 27 janvier 1990. » p. 43

L’œuvre la plus importante entreprise par les Frères de la Charité fut l’École de réforme ouverte en 1873 rue DeMontigny. Les Frères y accueillent de jeunes détenus à qui ils offrent un cadre plus propice à la scolarisation et à la formation à plusieurs métiers en ouvrant des ateliers d’imprimerie, de typographie, de coupe et couture, de cordonnerie, de menuiserie, de boulangerie, etc. Cette école sera transportée rue Sherbrooke en 1932 et prendra le nom de Mont-Saint-Antoine. » (A : p.18)

Le village

« Le territoire d’abord formé de côtes puis érigé en paroisse exigeait avec le temps et l’accroissement de sa population une structure civile plus compatible avec sa gestion. La Longue-Pointe forme donc sa municipalité de paroisse en 1845, de laquelle se détache, en 1898, la municipalité du village de Beaurivage, puis la municipalité de Longue-Pointe devient ville en 1907 au moment où le village de Tétreaultville s’en détache et devient municipalité à son tour. Le territoire se réunifie quand la ville de Longue-Pointe devient, par annexion à Montréal, le 4 février 1910, le quartier Longue-Pointe, qui prend plus tard le nom de Mercier. De 1907 à 1910, il n’y eut qu’un maire, Pierre Bernard. Le territoire est cependant amputé de sa partie nord par la création de la municipalité de Saint-Léonard en 1896 puis, c’est Saint-Jean-de-Dieu qui, en 1898, devient une municipalité autonome. Le territoire de la paroisse Saint-François-d’Assise donnera lui aussi naissance à d’autres paroisses : Sainte-Claire en 1906, Notre-Dame-des-Victoires en 1907, Saint-Victor en 1911, Saint-Herménégilde en 1921, Saint-Bernard en 1922. » (A : p.25)

« En 1885, … Longue-Pointe poursuit sa vocation agricole et institutionnelle, mais absorbe à sa façon les mutations que subit la grande ville. Cette rupture ville – campagne amène de grands bourgeois à passer l’été au bord du fleuve… qui y construisent de grandes demeures qui seront démolies pour faire place à l’industrie et aux lotissements. … Ces industries attirent aussi une forte migration venant de la campagne. Le développement des transports facilite leur sédentarisation. La rue Notre-Dame, ouverte en 1841, voit arriver le tramway au début du XXe siècle. … Le village [de la Longue-Pointe] est alors constitué de quelques rues dont Bellerive, Notre-Dame, de Boucherville, Saint-Just et Curatteau; c’est le seul lotissement bâti du territoire en 1885. » (A : p.25)

La deuxième église, face au fleuve, 1893-1907

La deuxième église, face au fleuve, 1893-1907

« Le 10 juin 1893, l’église d’origine est détruite par le feu. Elle est reconstruite immédiatement avec les mêmes pierres. Toutefois, son allure change totalement. Un clocher plus gros coiffe la façade. Un œil de bœuf au-dessous et deux petits clochetons complètent la nouvelle architecture. À l’intérieur, le plâtre remplace désormais le lambris de bois. Trois nouvelles cloches sont achetées pour remplacer les premières trop abîmées pour continuer à sonner.
Cette deuxième église n’a pas eu une longue existence. Le 7 novembre 1907, un nouvel incendie détruit l’édifice et une partie du presbytère. » (B : p.5)   « C’est la chapelle du couvent de la Providence qui les accueille jusqu’à l’ouverture de la nouvelle église en 1914.» (A : p.26)

« Suite à l’incendie dévastateur de 1907, la décision est prise un mois plus tard de reconstruire rapidement une modeste église, tr`s sobre de l’extérieur. Cette église de transition est bénie le 6 juin 1908. Elle servira jusqu’en 1914. Elle ne sera démolie qu’en avril 1922. » (B : p.6)

La troisième église, face au fleuve, 1908-1914

La troisième église, face au fleuve, 1908-1914

« La population augmentant, on choisit de construire une vaste et imposante église derrière le presbytère, avec façade sur la rue Notre-Dame. Les plans sont confiés aux architectes Gauthier et Daoust. La nouvelle église, commencée en 1913, mesure 192 pieds de longueur par 72 de largeur avec les transepts. Construite en pierre et en acier, elle s’inspire du style roman. La façade comporte trois porches, une grande fenêtre au-dessus de la porte centrale, un fronton surmonté d’une croix et deux clochers. Des orgues Casavant y sont installées. Elle est bénie par Mgr Médard Émard, évêque de Valleyfield, le 20 décembre 1914. » (B : p.8)

La quatrième église, face à la rue Notre-Dame,1914-1964

La quatrième église, face à la rue Notre-Dame,1914-1964

« Mais déjà le village grossit. … Les entreprises locales créent de l’emploi et forment des artisans… enfin, une salle de spectacle, la salle Guy, rue de Boucherville, où se tiennent aussi les réunions du Conseil municipal. … Mais les grandes entreprises aussi s’installent : une usine de locomotives ouvre ses portes près de Viauville, entraînant le lotissement de la terre des Guy, sous le nom de Guybourg, en 1910; une cimenterie… puis le grand chantier naval de la Vickers ouvert en 1912… » (A : p.26)

« En 1905, le parc Dominion s’installe à Longue-Pointe. … Il sera, jusqu’en 1937, la grande attraction de Montréal. Vers la fin de la guerre 1914-1918, une usine de munitions ouvre ses portes rue Notre-Dame… un nouvel îlot résidentiel se développe entre les rues Bruneau, Caty, Bellerive et Notre-Dame. » p. 26
« Malgré l’arrivée de ces industries, Longue-Pointe garde son aspect rural et sa vocation institutionnelle s’élargit. Depuis 1895, le cimetière de la paroisse est à pleine capacité. Le curé Georges-Marie Lepailleur prend la partie de la terre Desautels située au nord de la rue Sherbrooke et y crée le Cimetière de l’Est. » (A : p.26)

L'inondation de 1928 dans la paroisse

L’inondation de 1928 dans la paroisse

« Avant l’ouverture du chenal par les brise-glaces, la Longue-Pointe subissait parfois des inondations. Ce fut le cas à 25 ans d’intervalle, en 1903 et 1928. » (A : p.30)

« Longue-Pointe comme le reste de Montréal bénéficie de cette prospérité jusqu’aux années de la crise. Pendant ces années, [les années 30], la proximité du fleuve et les grands terrains disponibles à la culture permettent aux citoyens de compenser les pertes de revenus. …Le fleuve était un garde-manger mais aussi une source de détente et de beauté : la baignade et les tours de chaloupe, les levers et les couchers de soleil baignant de lumière les îles et les Montérégiennes. En hiver, la traverse sur la glace bordée de sapins plantés sur le parcours menait à Boucherville. Longue-Pointe était un quartier où, sans être fortuné, on pouvait être riche d’une culture, d’un savoir-faire et d’un savoir-vivre que le progrès des années d’après-guerre fera basculer. » (A : p. 27)

« En 1942, la défense nationale acquiert, par expropriation, les terrains nécessaires à l’implantation d’une base militaire permanente entre Notre-Dame et Hochelaga. Après la guerre, les rues Haig et Lyall seront bâties de petites maisons unifamiliales destinées aux vétérans. Rapidement, le quartier perd son aspect rural. Désormais, on ne parlera plus de « village ». (A : p.27
« La rue Sherbrooke devient le pôle moteur du développement. Pour donner accès à propriété aux travailleurs, la Ligue Ouvrière Catholique soutient un projet d’habitations unifamiliales qui couvrira les rues Honoré-Beaugrand, de Bruxelles et Lepailleur entre la rue Notre-Dame et la rue Souligny. Au nord de la voie ferrée, entre de Boucherville et Liébert, entre Hochelaga et Sherbrooke, l’entrepreneur Miller développe le « village Champlain » qui formera la paroisse Sainte-Louise-de-Marillac en 1951. Saint-Donat fut créée en 1955, Notre-Dame-d’Anjou en 1959 et Saint-Justin fut érigée en 1961. » (A : p.27)

« Enivrées par la richesse issue de la production, les entreprises n’investissent pas dans la mise à jour d’un équipement qui tombe en désuétude. L’ouverture de la voie maritime du Saint-Laurent, en 1959, déplace le commerce fluvial vers les Grands-Lacs; le transport ferroviaire, qui prenait le relais, est abandonné au profit du transport routier. La structure industrielle de Montréal s’effondre et, pour sauver la ville, on ouvre de grands chantiers : construction de l’autoroute Métropolitaine, support à la transcanadienne, puis de la route 25 jusqu’à la rive sud. » (A : p. 27)
« En 1963, se tient la Commission consultative provinciale sur l’urbanisme auprès des 32 maires de l’île de Montréal, dont l’objectif est de rechercher des solutions aux problèmes d’accès des banlieues. On conclut que la solution réside dans la construction de nouveaux ponts et que des mesures doivent être prises en fonction de l’Exposition universelle de 1967 qui doit se tenir à Montréal.
Pour améliorer les communications routières entre la rive sud et l’est de Montréal, on opte finalement pour un pont – situé à l’ouest de Boucherville – enjambant le fleuve jusqu’à l’île Charron, suivi d’un tunnel rejoignant Montréal à la Longue-Pointe. Les approches du tunnel partiraient de l’autoroute métropolitaine, longeraient Saint-Jean-de-Dieu et joindraient la nouvelle voie au réseau de la transcanadienne destinée à souligner les fêtes de la Confédération [en 1967]. Le ministère des Transports du Québec en serait le maître d’œuvre.
Pour réaliser ce projet, il fallait exproprier et démolir la partie la plus ancienne de Mercier, ce que les citoyens appelaient entre eux « le village » : l’église, le presbytère, la ferme Sainte-Thérèse, les rues de Boucherville, Curatteau, Saint-Just, Bellerive, Notre-Dame, Lecourt, McVey, Quinn. Il fallait déloger 300 familles. » (A : p.28)

La mémoire effacée

le presbytère de la quatrième église, 1921-1964

le presbytère de la quatrième église, 1921-1964

« Inaugurée en 1914, conçue par les architectes Gauthier et Daoust, [l’église Saint-François-d’Assise] était faite de pierre et d’acier. Libre de toute dette, elle fut démolie en 1964. » (A : p.41)

« Construit en brique jaune, le presbytère fut conçu en 1921 par l’architecte Daoust de la firme Gauthier et Daoust. Il disparaît en même temps que l’église, aux premières heures de la démolition. » (A : p.42)

La reconstruction

« Les années soixante marquent une rupture au Québec avec tous les aspects traditionnels de la vie. … À la dégradation du paysage s’ajoute l’effritement de la structure sociale. L’Église qui dominait autrefois le paysage physique et politique du Québec, entre, avec [le concile] Vatican II, dans une réflexion profonde sur sa place dans le monde. Une réflexion qui l’amène à considérer que l’Église n’est pas que la hiérarchie ecclésiastique mais le Peuple de Dieu, l’assemblée des baptisés. Une considération qui l’oblige à réviser sa mission, à passer d’une Église de pouvoir à une Église de service et à tourner son action vers les plus démunis. …
De son côté, l’État se développe assumant dans les secteurs de la santé, de l’éducation, de la culture et des loisirs, une responsabilité laissée jusque là entre les mains des communautés religieuses. » (A : p.45)

Depuis plus de trois cents ans, les citoyens de la Longue-Pointe sont conscients de jouir d’un privilège qui n’est pas donné à tous les Montréalais. Ils vivent avec le fleuve. Durement atteints par les projets de transport en commun, d’infrastructures routières et de développement urbain, ils ont, jusqu’au milieu des années soixante, profité d’un environnement naturel : le fleuve avec ses îles et ses battures, les champs en friche, en culture ou en pâturage, l’espace ouvert et le ciel.

Dès 1960, un rapport municipal souligne le potentiel du lieu et établit une réserve. Malgré cela, on y fait beaucoup de remblayage à l’occasion des travaux d’excavation du tunnel et de l’aménagement des îles de l’exposition universelle de 1967. L’église laissait la place à la construction du tunnel Louis-Hippolyte-Lafontaine.
« C’est en 1963, avant la démolition de l’église de 1914, qu’est décidé l’emplacement de l’église actuelle, sur la terre des Frères de la Charité. Pendant la construction de cette cinquième église, rue Lafontaine, les services religieux ont lieu dans les salles des écoles paroissiales ainsi que dans un magasin vacant de la rue Notre-Dame. Prévue pour accueillir 800 personnes, l’église est construite de 1964 à 1966, dans le quadrilatère constitué par les rues Beaurivage, Georges-Bizet, Lafontaine et Notre-Dame.

Saint-Francois-dAssise

Le contexte du temps imposait de concevoir une architecture sobre et fonctionnelle, répondant au renouveau liturgique préconisé par le concile Vatican II (1962-1965). C’est l’architecte Bernard Dépatie qui est choisi pour dessiner les plans de l’église. Il utilise entre autres les services d’artistes renommés comme le céramiste Jordi Bonet, pour la confection du chemin de croix, Carol Grenon et José Osterrath pour la réalisation de la grande verrière évoquant le Cantique des créatures de Saint François d’Assise. » (B : p.9)

La verrière évoquant "le Cantique des créatures" (photo Louise Lévesque)

La verrière évoquant « le Cantique des créatures » (photo Louise Lévesque)

« Les citoyens… demandent enfin à la municipalité, aux autorités du Port et au ministère de l’Environnement de renaturaliser les berges et d’aménager la promenade en parc. Les travaux ont commencé en 1987… Joyau du Réseau vert, la Promenade Bellerive est l’œuvre de citoyens conscients et responsables qui ont patiemment et courageusement défendu leur patrimoine naturel pour le partager généreusement avec leurs concitoyens.

En 1993, par la volonté commune des citoyens et des élus, fut fondée la Société d’animation de la Promenade Bellerive, qui a pour mission de maintenir et développer une fenêtre sur le fleuve par la mise en œuvre d’activités sportives de plein air, de loisir culturel et récréo-touristique visant à répondre aux besoins des familles. » (A : p.47)
« L’architecture de Bernard Despatie donne à la [quatrième] église Saint-François-d’Assise [érigée en 1966 rue Lafontaine] l’allure d’un navire ancré près du fleuve. Sur la terre que monsieur Berthelet avait donnée aux Frères de la Charité… » (A : p.45)
À l’arrivée du 49e pasteur, François Baril, en septembre 1994, la communauté chrétienne Saint-François-d’Assise a élu un « Conseil de pastorale » et a demandé aux chrétiens et chrétiennes de mettre leurs qualités et leurs talents au service du milieu.  Saint-François-d’Assise a naturellement choisi de prendre place au sein du réseau communautaire de Mercier-Est.  En 1998, la Fabrique a réaménagé tout le presbytère pour en consacrer une partie importante à la « Maison des familles ».  Le Magasin-Partage et le comptoir vestimentaire joignent leurs efforts à la Société Saint-Vincent-de-Paul et l’organisme Développement et Paix nous ouvre aux dimensions internationales.

De grands changements depuis le Synode

Depuis quelques années, l’Église, à Montréal, a été appelée à se transformer. Si la participation à la vie paroissiale s’est effritée, les chrétiens et chrétiennes qui se reconnaissent membres de la communauté chrétienne n’en sont que plus proches les uns des autres et plus sensibles aux besoins des plus démunis.

Le Synode diocésain de 1995 à 1998 a donné l’occasion aux gens d’approfondir la mission de l’Église et quatre priorités pastorales en sont découlées :

  1. l’éducation de la foi
  2. l’animation pastorale de nos communautés
  3. la présence et l’engagement de l’Église dans le monde d’aujourd’hui
  4. la promotion des vocations au service de l’Église diocésaine.

Au niveau de l’éducation de la foi, de profonds changements ont transformé l’école. En 1984, la catéchèse (qui est un approfondissement de la foi chrétienne) a laissé place à l’enseignement moral et religieux. L’initiation sacramentelle était maintenant dans les mains des communautés chrétiennes et un service d’animation pastorale s’est intégré dans chacune des écoles. En 1998, le gouvernement du Québec a modifié le paysage des commissions scolaires, celles-ci passant de confessionnelles à linguistiques. Puis en 2001, les écoles devenaient elles aussi non confessionnelles, tout en continuant d’offrir l’enseignement moral et religieux. En juin 2002 l’animation pastorale quittait les écoles et un service d’animation à la vie spirituelle et à l’engagement communautaire, qui ne relève pas de l’Église, était créé. L’Office de l’Éducation de la foi du diocèse de Montréal fut appelé à voir comment l’Église allait s’engager dans sa mission première de l’évangélisation. Chacun des secteurs du diocèse de Montréal engagea un « répondant du service à l’enfance » pour répondre aux besoins des jeunes de 0 à 12 ans et de leurs parents. André Lanteigne, de concert avec l’équipe pastorale, coordonne une équipe de catéchètes et aides-catéchètes engagés dans les différentes communautés chrétiennes de Mercier-Est. Depuis 2008, les écoles offrent un cours d’« Éthique et Culture religieuse ». Le milieu scolaire ne s’occupe plus d’éveiller les jeunes à la foi en Jésus Christ et de les initier à la vie chrétienne. Il appartient donc aux parents et à toutes les communautés chrétiennes, ensemble, de « proposer aujourd’hui Jésus Christ ».

Au niveau de l’animation pastorale de nos communautés, un travail en profondeur a amené, en 2000-2001, chacune des communautés chrétiennes du diocèse à étudier sa vitalité, sa viabilité et la coresponsabilité entre clercs et laïcs. Un rapport a été remis au vicaire épiscopal de la région Est, Mgr Jean Fortier. Des représentants de chacune des communautés chrétiennes de Mercier-Est se sont ensuite rencontrés à quelques reprises pour s’entendre sur les réaménagements pastoraux susceptibles de favoriser un meilleur engagement en vue de la mission de l’Église dans le monde de notre temps. Les assemblées des 29 septembre et 5 novembre 2001 ont permis aux gens de mieux se connaître et d’échanger sur des formules à privilégier. L’assemblée du 2 février 2002 qui regroupait plus de 200 participants allait opter pour un réaménagement pastoral majeur. Sainte-Claire allait former une « Unité pastorale du Nord de Mercier-Est » avec les communautés chrétiennes Sainte-Louise-de-Marillac et Saint-Victor. Ces trois communautés allaient à partir de septembre 2002 être animées par une même équipe pastorale.

Au niveau de la présence et l’engagement de l’Église dans le monde d’aujourd’hui, un « Comité de pastorale sociale » a été formé regroupant des chrétiens et chrétiennes des  communautés du quartier Mercier-Est. La dimension sociale des gens de notre secteur n’est plus à démontrer. L’attention aux plus faibles, aux personnes de tous les âges, est présent dans différents groupes à l’œuvre dans nos paroisses.

Quelques moments forts

En septembre 2001, François Baril a été nommé pasteur des deux communautés Saint-François-d’Assise et Saint-Bernard. Suite à une réflexion sur son avenir, les chrétiens et chrétiennes de Saint-Bernard ont voté le dimanche 21 avril 2002 la résolution suivante :

  • que l’église Saint-Bernard soit fermée, que la paroisse Saint-Bernard soit dissoute et qu’elle soit annexée à la paroisse Saint-François-d’Assise ;
  • que se poursuive néanmoins, et même que se développe, la vie communautaire des gens de Saint-Bernard, par les moyens suivants :
  • la location d’un local près de l’église actuelle pour les assemblées dominicales (lieu à déterminer);
  • la célébration de la messe 2 jours/semaine (lieu à déterminer);
  • la célébration de la messe au bord de l’eau pendant la saison estivale.

Un mot pour souligner l’accueil que les gens de notre secteur Mercier-Est ont accordé aux 84 jeunes pèlerins venus de Versailles pour les Journées mondiales de la Jeunesse 2002, qui se sont tenues à Toronto avec le pape Jean-Paul II Environ 250 personnes du secteur ont offert leur support pour organiser les activités du jeudi 18 au lundi 22 juillet 2002.

JMJ 2002 - souvenir

Depuis le 4 avril 2003, après les démarches auprès du diocèse de Montréal et du gouvernement du Québec, la paroisse Saint-Bernard est maintenant annexée à Saint-François-d’Assise, mais la volonté de « faire autrement » des chrétiens et chrétiennes qui la composent demeure bien vivante.
La « nouvelle paroisse Saint-François-d’Assise », formée des communautés Saint-François-d’Assise et Saint-Bernard, œuvre alors en de nombreux projets avec l’unité pastorale du nord de Mercier-Est, formée des communautés chrétiennes Sainte-Louise-de-Marillac, Sainte-Claire et Saint-Victor. Ainsi en est-il dans l’éducation de la foi et la pastorale sociale, entre autres.

En 2003, la paroisse Saint-Bernard a été annexée à la paroisse Saint-François-d’Assise. (Voir l’historique de St-Bernard plus bas).
Selon son vœu, elle a conservé une église aménagée en 2004 dans ce qui était le chœur de l’église Saint-Bernard, rue Notre-Dame, à l’angle de la rue Mousseau, après la vente  au Collège Mont-Royal.  Pendant dix, les gens ont approfondi le sens de la communauté en célébrant plus près les uns des autres dans leur plus petite église. Le 29 juin 2014, ils ont quitté définitivement leur église et ont été accueillis à l’église Saint-François-d’Assise.

À l’été 2004, les Pères Salésiens quittaient la paroisse Sainte-Claire pour se regrouper avec leurs confrères à Rivière-des-Prairies. L’archevêque, monsieur le cardinal Jean-Claude Turcotte, nomma alors François Baril, curé à Saint-François-d’Assise et Saint-Bernard, curé des cinq communautés du secteur pastoral Mercier-Est.

En 2006, les gens de Sainte-Claire ont célébré le Centenaire de leur paroisse par des fêtes grandioses.

En 2011, ce fut au tour des gens de Saint-Victor de célébrer magnifiquement le Centenaire de leur paroisse.

Oui, les années passent, mais l’Esprit nous devance toujours. Qui sait ce que seront nos paroisses dans les prochaines années . . . ?


Le saint patron, François d’Assise

Fresque peinte par "Cimabue" dans la basilique d'Assise

Fresque peinte par « Cimabue » dans la basilique d’Assise

Saint François d’Assise — Giovanni di Pietro Bernardone de son nom — est né à Assise entre 1181 et 1182.

François est issu d’une famille riche. Il vit comme tous les jeunes de son âge et de son époque diverses expériences : les fêtes, les escapades et même la guerre durant laquelle il est fait prisonnier et souffre de maladie. Durant sa convalescence en prison, il ressent une insatisfaction profonde face à la vie. Il cherche, il regarde autour de lui mais il reste sans réponse…

Un jour en écoutant un passage de l’Évangile, il lui vient une réponse à ce qu’il cherche : passer sa vie à aimer toute la création. Il transforme alors sa vie, il se fait pauvre, se soucie d’annoncer les messages de joie, d’espoir et d’amour contenus dans la Bible, et de porter la paix aux gens et à toute la Création.
Il décida dès lors de se vêtir d’un vêtement gris et se ceint la taille d’un cordon. Il porte ainsi le vêtement du pauvre de son époque.

Le panorama de la ville d'Assise, au centre de l'Italie, avec sa basilique.

Le panorama de la ville d’Assise, au centre de l’Italie, avec sa basilique.

Il choisit de vivre de la charité des gens et de prêcher la pureté et la paix. Toute sa vie, il fait la promotion de la solidarité aux pauvres, aux démunis, aux marginalisés. Il dénonce les injustices.  Il visite les malades, s’occupe des lépreux, prêche dans les rues, envoie de la nourriture aux voleurs, travaille de ses mains, nettoie les églises, vit avec les animaux, en somme il se fait le frère de tous les hommes et de toutes les femmes.

C’est dans la prière qu’il trouve toute sa force pour aimer et pour aider les autres. En 1209, il commence à avoir des compagnons autour de lui et avec l’approbation du pape, il fonde alors l’Ordre des frères mineurs, connus sous le nom de Franciscains, caractérisé par la prière, la joie, la pauvreté, l’évangélisation et le respect de la Création. En 1212, il se lie d’amitié avec Claire d’Assise.

Il visite et prêche aux Sarazins (le nom qui désignait les Musulmans à son époque), se rend au Maroc et en Égypte. Il rencontre le Sultan musulman.
En septembre 1224, alors qu’il médite sur les montagnes des Appenins, en Italie, il reçoit les stigmates (des plaies qui reproduisent celles de Jésus crucifié).

7gx3geeeIl écrit des prières remarquables qui nous sont encore familières. Au terme de sa vie, il rédige ce qu’on appelle « le Cantique des Créatures » qui est l’aboutissement de ses enseignements sur le respect et l’amour que tous les humains doivent porter envers toutes les créatures de Dieu.
Il rejoint ainsi les préoccupations de ceux et celles qui se soucient de la défense de la nature, des animaux et de l’environnement.

Saint François d’Assise meurt le 3 octobre 1226, à 45 ans. Il fut canonisé par le pape Grégoire IX en 1228.  On célèbre son mémorial le 4 octobre.

Les « Fioretti » de Saint François d’Assise

De quoi s’agit-il ?  C’est le récit de 53 « petites fleurs », des épisodes considérés significatifs de la vie de Saint François d’Assise et de ses premiers compagnons.  « Les Actes du bienheureux François et de ses compagnons », écrits en italien, furent composés probablement par Ugolino de Montegiorgio entre le 1327 et 1340. Fameux pour la simplicité et la franchise de la langue parlée, ils reprennent et étendent l’histoire franciscaine avec des récits qui sont restés célèbres, comme le vingtième qui raconte le dressage du loup féroce de Gubbio aux environ de 1220.

Laissez-moi vous raconter l’histoire du « loup de Gubbio »…

Au temps où François demeurait dans la ville de Gubbio, il y avait un grand loup affamé, très méchant et féroce, qui dévorait les animaux et s’attaquait même aux gens. Tous les  habitants de Gubbio en avaient peur et, à chaque fois qu’ils devaient sortir en dehors des murs de la ville, ils s’armaient comme s’ils partaient à la guerre. Un jour, les gens en eurent assez et voulurent se débarrasser du loup. Ils demandèrent à François de les aider. François répondit qu’il irait rencontrer le loup.
Avec ses compagnons, il sortit donc de Gubbio, sans apporter d’armes avec eux et mettant toute sa confiance en Dieu. Le loup arriva à la rencontre de François en courant vers lui la gueule grande ouverte. Dès qu’il le vit, François dit :  » Viens ici, Frère Loup, et ne fais aucun mal à personne maintenant. » Aussitôt le loup arrêta de courir, ferma sa gueule et vint se coucher aux pieds de François.
– On m’a raconté bien des choses sur toi, lui dit François. Je comprends que les gens de Gubbio te détestent car tu as tué leurs bêtes et tu as même attaqué des personnes créées à l’image de Dieu. Mais je sais que c’est la faim qui t’a poussé à commettre ces crimes. Je veux faire la paix entre toi et les gens de Gubbio. Tu ne leur feras plus aucun mal, ils te pardonneront tous tes crimes, et ni les hommes, ni les chiens ne te poursuivront.

En entendant François, le loup se met à remuer la queue et les oreilles, incline sa tête comme pour mieux écouter les propositions de François.
– Frère Loup, continue François, si tu acceptes de faire la paix, je te promets que les habitants de Gubbio te nourriront tous les jours jusqu’à la fin de ta vie. Et toi, promets-tu de ne plus faire de mal ni aux bêtes, ni aux gens ?

F41Et le loup, en inclinant la tête, fit signe qu’il promet. François étendit alors la main et le loup mit sa patte dans la main de François en signe de promesse. Puis François revint à Gubbio avec le loup et il rassembla tout le monde sur la grand’place. Il dit aux gens de Gubbio : « Mon frère loup promet de ne plus jamais vous attaquer si vous vous engagez à le nourrir tous les jours.» Les gens de Gubbio, contents de faire la paix, promettèrent de nourrir le loup.

À partir de ce jour-là, le loup vécut encore deux ans à Gubbio. Il venait dans la ville, entrait dans les maisons sans faire de mal à personne et sans qu’on lui fasse aucun mal. Il était nourri par les habitants et jamais plus personne ni aucun chien ne le poursuivit jusqu’à la fin de sa vie.

François d’Assise, un saint pour nous aujourd’hui

Après sa mort, très rapidement, l’Église a reconnu François d’Assise comme un « saint », c’est-à-dire comme un homme dont les vertus peuvent être un exemple pour tous et toutes : aimable, pacifique, pieux, humble, fraternel, juste. En 1979, il a été proclamé « patron des écologistes » . On le considère aussi comme le précurseur du dialogue interreligieux.

La basilique Saint-François à Assise, reconnue patrimoine mondial de l'Unesco

La basilique Saint-François à Assise, reconnue patrimoine mondial de l’Unesco

Depuis le 13ème siècle, des milliers d’hommes et de femmes (la famille franciscaine) suivent ses traces en se laissant inspirer par son style de vie. C’est donc dire que même huit siècles plus tard, François d’Assise a encore quelque chose à dire à nos sociétés à travers des hommes, des femmes, à travers nous, à travers toi.Pape François (Photo CECC) petite

Vous savez que, quand il a été élu pape, le 13 mars 2013, le cardinal argentin Jorge Mario Bergolio a pris le nom de « François » en référence à François d’Assise. Il est le premier pape de l’histoire à prendre le nom de François. Le pape veut signifier par là sa volonté de voir l’Église retourner à sa mission première : être pauvre parmi les pauvres.


Les textes de l’historique de la paroisse Saint-François-d’Assise et du saint patron ont été rédigés par André Lanteigne


Historique de la paroisse Saint-Bernard

Un mot d’introduction

Faut-il vraiment le dire ? Il serait illusoire de penser qu’un si court exposé puisse rendre compte de l’histoire complète de cette communauté qui s’est rassemblée à la Saint-Bernard depuis sa fondation en 1922. Notre intention est d’abord de susciter chez vous le goût d’aller plus loin dans la connaissance de nos origines. Mais nous voulons aussi profiter de l’occasion pour rendre hommage à nos pionniers, hommes et femmes, qui ont fait l’histoire chez nous.

Nous aimerions aussi indiquer la source principale de ce résumé historique de Saint-Bernard : « La Paroisse Saint-Bernard… à l’avenir, vivre la communauté autrement ! 80 ans d’histoire 1922-2002 », volume publié en 2003. Le comité de l’album était formé de : Fernand Boulet et François Baril, prêtres, Joseph Giguère, marguillier, Monique Dion-Pettigrew et Gérard Pettigrew, paroissiens, Denis Lachapelle et Monique Laferrière, membres de l’Atelier d’histoire de la Longue-Pointe.

La première église (1922-1965)… au temps de la chrétienté québécoise

Le 27 mars 1922, à la suite de deux requêtes, en 1921 et 1922, une nouvelle paroisse est détachée de Saint-François-d’Assise de la Longue-Pointe (1724), de Sainte-Claire (1906) et de Saint-Victor (1911). C’est Mgr Georges Gauthier, administrateur apostolique du diocèse de Montréal, qui érige la paroisse Saint-Bernard et nomme l’abbé Clément Jetté curé de la nouvelle paroisse. Le 16 avril 1922, les marguilliers décident « de louer pour servir de résidence au dit curé le logis portant le no 102 de la rue Azilda (aujourd’hui Pierre-Tétreault), à raison de 30 $ par mois. Ce logis meublé deviendra le premier presbytère ».

Le 7 mai 1922 est donnée l’ « autorisation d’acquérir les terrains nécessaires et l’emplacement des édifices du culte et du presbytère ». En attendant la construction d’une chapelle, le curé de Sainte-Claire offre l’usage de sa salle paroissiale. Le 4 juin, les architectes D. Cardinal et J. W. Beauchamp sont choisis pour la construction de la chapelle et du presbytère.

SB - Première égliseÀ l’assemblée du 18 février 1923 est acceptée la soumission de Thaddée Gauthier pour la construction du presbytère et de la chapelle avec salle paroissiale, au coût de 74 000 $. La bâtisse loge également une salle paroissiale. Le terrain est un don de M. Pierre Tétreault. Entre autres généreux donateurs, Pierre Bernard offre cordialement la cloche de l’église. Elle a sonné la première fois lors de son décès. D’autres offriront les statues de Saint-Bernard, du Sacré-Cœur, de Saint-Joseph et Sainte-Anne. Son sous-sol sera utilisé par la Caisse populaire à partir de 1942.

Le curé Clément Jetté rencontre ses paroissiens dès la première année, en « visite de paroisse ». La population est établie à 336 familles, 1758 âmes. Il y eut 40 baptêmes et 8 mariages. Il regroupe les hommes et jeunes gens dans la « Ligue du Sacré-Cœur », les femmes dans la « congrégation des Dames de Sainte-Anne » et les demoiselles dans celle des « Enfants de Marie ». Des chorales sont mises sur pied.

Dans la paroisse, comme dans tout le Québec de cette époque, les activités religieuses alimentent la « vie spirituelle » des paroissiens durant l’année entière. Ainsi, on vit le mois du Rosaire en octobre, la dévotion aux défunts en novembre, l’Avent et la fête de Noël en décembre. Au printemps, le carême avec jeûne et résolutions préparent Pâques. Le mois de Marie en mai rassemble les enfants et les adultes dans une cérémonie quotidienne à l’église. Enfin, le mois de juin est consacré au Sacré-Cœur de Jésus. C’est sans compter les « Quarante-Heures » de dévotion à Jésus-Christ présent dans l’Hostie, les retraites annuelles et la procession de la Fête-Dieu, toutes des dévotions de la foi qui disparaîtront au début des années 60.

Dès le 1er mai 1925, les jeunes d’âge scolaire peuvent fréquenter les écoles paroissiales : les garçons à la nouvelle école Le Caron, les filles à l’école Saint-Georges, qui deviendra l’école Sainte-Marie en 1931, et l’école Saint-Bernard pour les garçons et filles de 1ère et 2e année. Le premier curé quittera en 1934 et ses successeurs, comme lui, chacun selon sa personnalité et son charisme, considéreront prioritaires la pastorale paroissiale et les vocations. À la suite de la « visite de la paroisse » de 1940, les statistiques mentionnent 610 familles catholiques pour une population de 2865 âmes en plus de 47 familles protestantes.

La deuxième église (1965-2004)…  au temps de la révolution tranquille et du concile Vatican II

Au milieu des années 60, des changements s’opèrent au Québec, dans la société civile et dans l’Église. Dans les communautés paroissiales, la foi populaire connaît des transformations majeures. L’unanimité fait place à la diversité dans la façon de penser et d’agir. Dans ce contexte ambigu, la construction d’une nouvelle église à Saint-Bernard apparaît néanmoins nécessaire pour un certain nombre de paroissiens. La population atteint alors 1500 familles pour 6000 âmes.

SB - Deuxième église

Pour mieux répondre aux besoins de la paroisse, le cardinal Peul-Émile Léger émet un décret, le 25 février 1964, permettant la construction d’une nouvelle église. La nouvelle église pourra recevoir une assistance de 800 personnes. Le 29 avril 1964, les architectes Paul Goyer et Claude Gagnier sont choisis. La deuxième église est inaugurée à Noël 1965.

La démolition de l’ancienne église sera décidée en janvier 1966, au coût de 1600 $. C’est une étape majeure dans l’histoire de la paroisse, qui n’a pas été vécue sans heurts, l’attachement d’un grand nombre à la première église étant très grand.

Dans le contexte du renouveau apporté par Vatican II, l’animation pastorale se déploie en de multiples actions issues des membres de la communauté qui veulent partager leur foi au Seigneur et pratiquer son évangile, Cette action se voit entre autres dans l’attention aux plus démunis : Société Saint-Vincent-de-Paul, guignolées, magasin de vêtements de la rue Notre-Dame. Des expériences très variées sont réalisées en initiation chrétienne. Au plan liturgique la musique prend une grande importance. Fernand Bélanger, nommé curé en 1980, favorise la création d’une chorale qui contribue à animer les rassemblements, de dimanche en dimanche.

Grâce à générosité des paroissiens et paroissiennes, la paroisse liquide ses dettes en 1982. À l’occasion du 60e anniversaire, l’église Saint-Bernard est consacrée par Mgr Paul Grégoire, l’archevêque de Montréal, le 12 juin 1982. Notons qu’à deux reprises, la messe fut télédiffusée à partir de l’église Saint-Bernard, en mai 1985 et en avril 1998 à l’occasion du 75e anniversaire de fondation de la paroisse Saint-Bernard.

Des activités ont longtemps animé la communauté : le scoutisme, les loisirs Saint-Bernard, le club de l’Âge d’Or (qui s’appelait à ses débuts les gai(e) lurons). Le Cercle de l’amitié de l’Âge d’or rassemble environ 125 personnes autour d’activités qui favorisent l’entraide et l’amitié. Il faut aussi mentionner le bazar annuel qui permettait de recueillir des fonds pour subvenir aux besoins financiers de la Fabrique et favoriser l’esprit paroissial.

SB - Messe à Bellerive 19-08-2001.2En juin 1992, la paroisse célèbre son 70e anniversaire par une messe au parc Bellerive. Ceci devient une tradition à partir de 1997. Suite à la construction du Belvédère Est en 1996, on commença à célébrer la messe en plein air face au fleuve tous les dimanches de la saison estivale, de la fête de la Saint-Jean-Baptiste à la Fête du travail.

En 2001, le chœur de l’église subit une transformation majeure. Les tuiles rouges qui revêtaient le mur sont enlevées et un nouvel autel est installé pour recevoir un tabernacle sculpté par Monsieur Pettigrew.

De grands changements depuis le Synode

Depuis quelques années, l’Église, à Montréal, a été appelée à se transformer. Si la participation à la vie paroissiale s’est effritée, les chrétiens et chrétiennes qui se reconnaissent membres de la communauté chrétienne n’en sont que plus proches les uns des autres et plus sensibles aux besoins des plus démunis.

Le Synode diocésain de 1995 à 1998 a donné l’occasion aux gens d’approfondir la mission de l’Église et quatre priorités pastorales en sont découlées :

  1. l’éducation de la foi
  2. l’animation pastorale de nos communautés
  3. la présence et l’engagement de l’Église dans le monde d’aujourd’hui
  4. la promotion des vocations au service de l’Église diocésaine

Au niveau de l’éducation de la foi, de profonds changements ont transformé l’école. En 1984, la catéchèse (qui est un approfondissement de la foi chrétienne) a laissé place à l’enseignement moral et religieux. L’initiation sacramentelle était maintenant dans les mains des communautés chrétiennes et un service d’animation pastorale s’est intégré dans chacune des écoles. En 1998, le gouvernement du Québec a modifié le paysage des commissions scolaires, celles-ci passant de confessionnelles à linguistiques. Puis en 2001, les écoles devenaient elles aussi non confessionnelles, tout en continuant d’offrir l’enseignement moral et religieux. En juin 2002 l’animation pastorale quittait les écoles et un service d’animation à la vie spirituelle et à l’engagement communautaire, qui ne relève pas de l’Église, était créé. L’Office de l’Éducation de la foi du diocèse de Montréal fut appelé à voir comment l’Église allait s’engager dans sa mission première de l’évangélisation. Chacun des secteurs du diocèse de Montréal engagea un « répondant du service à l’enfance » pour répondre aux besoins des jeunes de 0 à 12 ans et de leurs parents. André Lanteigne, de concert avec l’équipe pastorale, coordonne une équipe de catéchètes et aides-catéchètes engagés dans les différentes communautés chrétiennes de Mercier-Est. Depuis 2008, l’école offre dorénavant le cours d’« Éthique et Culture religieuse ». Le milieu scolaire ne s’occupe plus d’éveiller les jeunes à la foi en Jésus Christ et de les initier à la vie chrétienne. Il appartient donc aux parents et à toutes les communautés chrétiennes, ensemble, de « proposer aujourd’hui Jésus Christ ».

Au niveau de l’animation pastorale de nos communautés, un travail en profondeur a amené, en 2000-2001, chacune des communautés chrétiennes du diocèse à étudier sa vitalité, sa viabilité et la coresponsabilité entre clercs et laïcs. Au printemps 2000,  le Conseil de fabrique, présidé par le curé Serge Levasseur, entreprend une démarche d’étude de la viabilité, la vitalité et la coresponsabilité clercs et laïcs de la paroisse. Cette réflexion sur l’avenir de la communauté s’inscrit dans les grandes orientations du renouveau ecclésial, dégagées par le synode de Montréal. Le 31 mai, un rapport a été remis au vicaire épiscopal de la région Est, Mgr Jean Fortier.

En septembre 2001, les événements se précipitent. Le dernier curé à plein temps, Serge Levasseur, quitte. Il est remplacé par François Baril qui est aussi curé de la paroisse Saint-François-d’Assise. La recherche de scénarios devient urgente devant le déclin de participation à la communauté de Saint-Bernard. Des représentants de chacune des communautés chrétiennes de Mercier-Est se sont ensuite rencontrés à quelques reprises pour s’entendre sur les réaménagements pastoraux susceptibles de favoriser un meilleur engagement en vue de la mission de l’Église dans le monde de notre temps.

Les assemblées des 29 septembre et 5 novembre 2001 ont permis aux gens de mieux se connaître et d’échanger sur des formules à privilégier. L’assemblée du 2 février 2002 qui regroupait plus de 200 participants allait opter pour un réaménagement pastoral majeur. Sainte-Claire allait former une « Unité pastorale du Nord de Mercier-Est » avec les communautés chrétiennes Sainte-Louise-de-Marillac et Saint-Victor. Ces trois communautés allaient à partir de septembre 2002 être animées par une même équipe pastorale.

Au niveau de la présence et l’engagement de l’Église dans le monde d’aujourd’hui, un « Comité de pastorale sociale » a été formé regroupant des chrétiens et chrétiennes des cinq communautés du quartier Mercier-Est qui ont pour mission d’animer la dimension « justice sociale » dans notre quartier en lien avec le réseau communautaire du quartier. La sensibilisation à la solidarité internationale par « Développement et Paix » est soutenue et la visite aux malades se fait par des membres de la communauté.

Les années 2000… de paroisse à communauté

En février 2002, le presbytère de Saint-Bernard est loué. Les gens de Saint-Bernard réalisent le déclin rapide de la participation aux activités de leur paroisse. Il faut donc changer les choses et « faire autrement » !  À l’invitation du Conseil de Fabrique, sensible aux attentes des paroissiens, 104 paroissiens et paroissiennes se réunissent le 21 avril 2002 et votent une proposition qui recueille l’accord de 69 personnes. Cette résolution rend les gens conscients qu’ils viennent de prendre une décision historique :

  1. que l’église Saint-Bernard soit fermée, que la Fabrique Saint-Bernard soit dissoute et qu’elle soit annexée à la paroisse Saint-François-d’Assise;
  2. que se poursuive néanmoins, et même se développe la vie communautaire des gens de Saint-Bernard par les moyens suivants :
  • la location d’un local près de l’église actuelle pour les assemblées dominicales (lieu à déterminer)
  • la célébration de la messe 2 jours/semaine (lieu à déterminer)
  • la célébration de la messe au bord de l’eau pendant la saison estivale;

3.  que l’église et le presbytère Saint-Bernard soient mis en vente, suite à l’approbation par l’archevêque de l’ensemble de la proposition.

Ainsi, à l’été 2002, la communauté Saint-Bernard réalise concrètement que le sort en est jeté et que l’idée de « faire communauté autrement » devient désormais un projet à nommer et à organiser. Le Conseil de fabrique, après plusieurs réunions, réfléchit le projet en termes de communauté missionnaire, autonome, démocratique, responsable, qui fait arriver la bonne nouvelle et les valeurs de l’Évangile sur le territoire de Mercier-Est et dans la société, qui sort du temple pour s’engager socialement, qui retrouve une véritable dimension festive dans ses célébrations et qui réapprend à parler de l’Évangile avec des mots simples et humain

MBE Grande scèneLe 24 juin 2002, on célébra la Saint-Jean sur la nouvelle scène extérieure aménagée du côté ouest du parc. Le 21 juillet, on célébra la Journée Mondiale de la Jeunesse. Après 80 ans de vie communautaire sous un mode de vie paroissial traditionnel, ces expériences à ciel ouvert nous apprennent qu’il est possible de « faire autrement » et de goûter encore la joie de croire et de partager.
Cette période de réflexion de la part des gens de St-Bernard est remplie d’actions et d’événements qui viennent ouvrir l’horizon de la communauté : élection d’un Conseil de pastorale des deux communautés, messes au bord de l’eau, Journée Mondiale de la Jeunesse, entre autres.

Un mot pour souligner l’accueil que les gens de notre secteur Mercier-Est ont accordé aux 84 jeunes pèlerins venus de Versailles pour les Journées mondiales de la Jeunesse 2002, qui se sont tenues à Toronto avec le pape Jean-Paul II Environ 250 personnes du secteur ont offert leur support pour organiser les activités du jeudi 18 au lundi 22 juillet 2002.

JMJ 2002 - souvenir

La dissolution définitive de la paroisse Saint-Bernard devient effective le 4 avril 2003. Entre temps, la discussion se poursuit sur l’avenir de la communauté. Le 12 avril 2003, une journée de relance vient stimuler les gens de Saint-Bernard à « vivre autrement » leur communauté. Un comité de transition est nommé.  Suite à cette journée de relance de la communauté chrétienne Saint-Bernard, le comité organisateur de cette journée de réflexion s’est réuni le lundi 5 mai pour faire l’évaluation de cette activité. À la demande du pasteur, les mêmes personnes ont accepté de former le « Comité de transition Saint-Bernard ».

Ce comité a donc été composé de : François Baril, Joseph Giguère, Richard Languérand, André Lanteigne et Diane Ruel. Les responsabilités du comité sont :

  1. d’assurer le maintien de la vie communautaire
  2. d’élaborer un projet de fonctionnement de la communauté St-Bernard en vue d’une approbation à l’automne et de l’élection d’un comité permanent
  3. d’assurer le suivi administratif et opérationnel du fonctionnement quotidien, conjointement avec l’archevêché de Montréal;
  4. d’assurer le processus de vente des édifices, conjointement avec l’archevêché de Montréal

La troisième église Saint-Bernard (2004-2014)…    au temps de la volonté de « faire communauté autrement »

St-Bernard 09-04-2005 001L’église Saint-Bernard, le presbytère et le terrain sont vendus au Collège Mont-Royal, qui a pignon sur rue à proximité de l’église, en assurant qu’un espace soit prévu pour la communauté de St-Bernard dans ce qui était le chœur de l’église. Jusqu’à la fin d’avril, les autorités du Collège Mont-Royal feront les démarches pour obtenir toutes les autorisations nécessaires et engageront architectes et entrepreneurs en vue de convertir l’église en gymnase. Les travaux sont réalisés entre mai et le début des classes, à la fin août. L’église Saint-Bernard devient alors un pavillon du Collège qui s’appelle « le Centre culturel et sportif Saint-Bernard ».

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Cette troisième église dans l’histoire de la paroisse St-Bernard, inaugurée le 7 novembre 2004, offre un nouvel aménagement des lieux avec un espace plus petit, certes, mais plus convivial. La communauté chrétienne Saint-Bernard a dorénavant à sa disposition exclusive un lieu de rassemblement permanent tout neuf, bien aménagé, chauffé, éclairé et doté d’une acoustique améliorée et qui peut accueillir 100 personnes. L’autel actuel est remplacé par un nouveau placé d’une manière à être plus près des gens. Des fauteuils placés en demi-cercle autour de l’autel remplacent les grands bancs actuels. Les gens ont accès à ce nouvel emplacement grâce à une porte du côté ouest, le 555, rue Mousseau. Une sacristie et une toilette sur le même étage complète l’installation.

Le contrat de vente au Collège Mont-Royal stipule que la Fabrique Saint-François-d’Assise est locataire de la nouvelle église pour la communauté de Saint-Bernard pour les cinq années suivantes. Cette disposition sera renouvelable tant et aussi longtemps que la communauté Saint-Bernard le voudra.  Ce nouvel emplacement est donc disponible pour les réunions de groupe et pour les équipes de jeunes qui vivront des parcours d’éveil et d’initiation chrétienne. Le presbytère continue d’être loué aux religieuses franciscaines.

Quelques moments forts dans le secteur

À l’été 2004, les Pères Salésiens quittaient la paroisse Sainte-Claire pour se regrouper avec leurs confrères à Rivière-des-Prairies. L’archevêque, monsieur le cardinal Jean-Claude Turcotte, nomma alors François Baril, curé à Saint-François-d’Assise et Saint-Bernard, curé des cinq communautés du secteur pastoral Mercier-Est.

En 2006, les gens de Sainte-Claire ont célébré le Centenaire de leur paroisse par des fêtes grandioses.

En 2011, ce fut au tour des gens de Saint-Victor de célébrer magnifiquement le Centenaire de leur paroisse.

Le « passage » de Saint-Bernard à Saint-François-d’Assise.

En 2014, la communauté de Saint-Bernard a senti que le temps était venu de cesser de louer la nouvelle église, à compter du 30 juin. Le dimanche, 22 juin, a eu lieu le « passage » de Saint-Bernard à Saint-François-d’Assise.

Oui, les années passent, mais l’Esprit nous devance toujours. Qui sait ce que seront nos paroisses dans les prochaines années . . . ?


 Le saint patron, Bernard de ClairvauxSaint-Bernard-de-Clairvaux_content_image

Saint Bernard de Clairvaux —  Bernard de Fontaines de son nom —  est un moine français, réformateur de la vie religieuse vécut au Moyen-Âge. Il est né en 1090, au château de Fontaines, près de Dijon, en France, de parents nobles de Bourgogne. Il démontra très jeune de grands talents et une piété remarquable.

À 22 ans, avec 4 de ses frères et 25 jeunes hommes, il entra au monastère cistercien de Citeaux. Peu de temps après, son père et son autre frère le rejoignirent à l’abbaye de Citeaux.

En 1115, l’abbé de Citeaux confie à Bernard un groupe de moines pour fonder une abbaye qui prendra le nom de « Clairvaux », parce qu’elle fut construite dans une clairière. Bernard et ses compagnons vont défricher cette terre de silence et de pauvreté qui va devenir pour la postérité la grande abbaye de la « claire vallée ». Il fut dès lors nommé Abbé, il avait 25 ans. Sous sa gouverne l’abbaye de Clairvaux prit rapidement de l’expansion.

Le jeune Bourguignon eut le temps de mûrir une doctrine personnelle, riche expression de la spiritualité cistercienne. Les sermons qu’il dispense à ses moines et ses traités sont recopiés et diffusés. Son rayonnement s’étend et le prieur des Chartreux lui demande d’écrire sur la charité. St_bernard_de_clairvaux_church_cloisters_2006Les moines de l’ordre de saint Bruno sont bouleversés par ces écrits et veulent le rencontrer.

« On devrait encore poursuivre la recherche de ce Dieu, qui n’est pas encore assez recherché », écrit le saint abbé , « mais on peut peut-être mieux le chercher et le trouver plus facilement avec la prière qu’avec la discussion. »

Bernard fut tour à tour conseiller spirituel des rois de France et des papes, dont Eugène III qui avait été moine à son abbaye.  Il refusa à maintes reprises la charge d’évêque, mais se rendit dans plusieurs pays à la demande du pape.  Il aida à mettre sur pied la deuxième croisade. Il participa au deuxième Concile du Latran en 1139.  Bernard fonda 163 monastères dans plusieurs pays d’Europe. Il écrivit un nombre considérable de travaux, de sermons et de lettres.

Après 40 ans au cloître, il mourut à 62 ans, le 20 août 1153, à Clairvaux. Saint Bernard fut canonisé, par le pape Alexandre III, en 1174, et fut nommé Docteur de l’Église, par Pie VIII, en 1830. On célèbre son mémorial le 20 août.


Les textes de l’historique de la paroisse Saint-Bernard et du saint patron ont été rédigés par André Lanteigne