AVEC LUI, ESPÉRER ENCORE
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Minuit, chrétiens

 L’un des bonheurs de Noël est de nous retremper dans de lumineuses traditions. Et s’il en est une qui nous fasse particulièrement vibrer, c’est bien celle d’un « Minuit, chrétiens » entonné avec cœur par quelque belle voix de notre entourage. Car tout le monde a, dans sa famille ou ses relations proches, et souvent depuis des générations, au moins une personne qui se fait un joyeux devoir de le chanter, que ce soit à l’église, ou lors de concerts de Noël. Et tous ceux qui l’écoutent communient à la fois au présent et au passé; et, en cela, le « Minuit, chrétiens », le roi incontesté des chants traditionnels de Noël, est magique.

Toutefois, pour le croyant contemporain, il pose ou devrait poser problème. Oh, pas dans son entièreté; seulement dans une toute petite partie… mais elle est importante en ce qu’elle équivaut à traiter Jésus de menteur. En effet, Jésus n’est pas venu s’offrir en sacrifice pour apaiser la colère de son Père, mais pour nous apprendre que ce Père est aussi le nôtre et qu’Il nous aime comme on n’en a pas idée!  Aussi, continuer de s’époumoner sur le courroux paternel que Jésus serait venu apaiser, c’est accueillir son message avec le même scepticisme que la prétention d’une subvention gouvernementale pour la construction d’un stade à coût nul pour les contribuables. Même moi, qui aime le baseball, je ne crois aucunement à une telle prétention.

Mais je crois au Père aimant que Jésus est venu nous présenter, par exemple! Et c’est parce que j’y crois que, lorsque je prie le « Minuit, Chrétiens », je remplace « Pour effacer la tache originelle; et de son Père arrêter le courroux », par « Pour nous donner joie et vie éternelle; nous relever d’un amour humble et doux ». Ça garde la même rime, ça suit la mesure, et c’est beaucoup plus dans l’esprit de ce que Jésus est venu faire en s’incarnant parmi nous. Et si le M. Adam (Adolphe de son prénom), qui a écrit ce très beau chant à une époque de notre religion où primait encore la peur d’un Dieu colérique et des flammes de l’enfer, je suis sûre que s’il a un lointain lien, même des plus ténus, avec notre propre M. Adam (François de son prénom), il serait entièrement d’accord avec cette mise à jour.

Bref, vous en ferez bien ce que vous voudrez dans vos chaumières, autour de vos sapins et devant vos crèches. Mais juste au cas où mon idée vous plairait, je vous donne la partance et le reste continue selon la tradition.

Minuit, chrétiens, c’est l’heure solennelle
Où l’homme-Dieu descendit jusqu’à nous
Pour nous donner joie et vie éternelle
Nous relever d’un amour humble et doux
Le monde entier tressaille d’espérance, etc.

Louise Lévesque,
paroissienne de St-François-d’Assise